Mai TRINH
Directrice de HSBC Private Bank France et Responsable du Marché France
Au cours des derniers mois, l’environnement économique et géopolitique est resté marqué par de nombreuses incertitudes. Pourtant, les marchés financiers ont une nouvelle fois démontré leur capacité d’adaptation. Après les épisodes de volatilité observés au printemps, les marchés d’actions ont retrouvé une trajectoire plus constructive, soutenue par des fondamentaux solides, des résultats d’entreprises robustes et la poursuite des investissements liés à l’intelligence artificielle.
Cette résilience nous rappelle une conviction essentielle : dans un monde en constante évolution, conserver une vision de long terme demeure l’un des meilleurs alliés des investisseurs. Si les fluctuations de marché font partie du cycle, elles ne doivent pas faire perdre de vue les grandes tendances structurelles qui continueront de façonner les années à venir. L’innovation technologique, la transformation des infrastructures ou encore l’évolution des modèles industriels créent des opportunités qu’il convient d’aborder avec discernement et diversification.
Chez HSBC Private Bank France, notre rôle est précisément d’accompagner nos clients dans cette lecture de long terme. Au-delà des marchés, nous sommes convaincus que la création de valeur repose avant tout sur la qualité du dialogue, la compréhension des enjeux patrimoniaux et la capacité à construire des solutions adaptées à chaque situation.
Ces dernières semaines ont d’ailleurs été l’occasion de retrouver nombre d’entre vous lors de nos rencontres organisées à Paris, qu’il s’agisse de nos soirées dédiées à nos clients ou de nos partenaires. Ces échanges, dans un cadre à la fois convivial et privilégié, illustrent pleinement notre ambition : créer des moments de dialogue qui enrichissent la relation bien au-delà des seuls sujets d’investissement.
À l’approche de la période estivale, je souhaite vous remercier pour la confiance que vous nous accordez. Avec l’ensemble des équipes de HSBC Private Bank France, nous restons pleinement mobilisés à vos côtés pour vous accompagner dans vos projets et anticiper les évolutions qui façonneront votre patrimoine de demain.
Je vous souhaite un très bel été et me réjouis de vous retrouver à la rentrée pour poursuivre ces échanges.
L’once d’or a reculé de 26 % depuis son plus haut du 28 janvier 2026. Un mouvement qui peut surprendre, tant le métal jaune est souvent présenté comme une valeur refuge. En réalité, son prix peut nettement varier à court terme. Dans le contexte actuel — inflation, tensions géopolitiques et difficultés d’approvisionnement en matières premières, énergétiques notamment — l’or conserve un intérêt, mais il ne constitue pas une véritable protection.
L’or possède une place à part dans les portefeuilles de Banque Privée. Mais son statut de « valeur refuge » mérite d’être revu à l’aune des mouvements récents. À la différence des actions ou des obligations, il ne verse ni coupon ni dividende et ne repose sur aucun modèle de valorisation évident : son prix dépend surtout de la perception des investisseurs et notamment des banques centrales. Historiquement, il a servi de protection contre l’inflation, la dépréciation monétaire et le risque géopolitique. Il se présente également comme une alternative au dollar, dans les réserves des banques centrales et pour les épargnants.
Ces singularités en font un actif cyclique. Sur les cinquante dernières années, l’or a connu plusieurs phases haussières longues… ponctuées de corrections marquées. Malgré une tendance positive, les replis supérieurs à 20 % ont été fréquents, et certains épisodes ont été plus brutaux encore.
Dans les périodes de stress, sa trajectoire a souvent été bien chaotique pour une « valeur refuge » : lors de la crise financière de 2008 par exemple, l’or a progressé de 70 %, mais après une baisse de près de 30 %. Pendant la pandémie, il a d’abord progressé de 40 %, puis s’est replié et s’est installé dans un range de fluctuation 15 % en dessous de son cours maximum. En clair, l’or reste une réserve de valeur à long terme, mais sa capacité de couverture à court terme est limitée.
Le contexte actuel renforce ses bénéfices stratégiques. Les achats massifs et continus des banques centrales en 2025 confirment son statut de valeur de réserve alternative au dollar américain, dans un environnement où la devise américaine est un instrument de la politique extérieure des États-Unis.
Toutefois, l’or n’est pas une monnaie d’échange pratique : il ne permet pas d’acheter directement et facilement des ressources indispensables comme le pétrole, le gaz, les minerais critiques ou les produits alimentaires. C’est pourquoi, en début du conflit au Moyen-Orient en février, plusieurs banques centrales dont celle de Turquie — ont fait le choix de vendre une partie de leurs réserves d’or pour obtenir des liquidités immédiatement utilisables.
Pour les investisseurs souverains, la protection contre les crises économiques doit donc être globale. L’or ne peut pas être l’unique solution ; il doit s’intégrer dans une stratégie plus large comprenant la diversification des portefeuilles, la constitution des stocks stratégiques, la sécurité énergétique, les infrastructures, et une exposition diversifiée aux actifs tangibles.
Pour les investisseurs privés, l’or conserve tout son intérêt sur le long terme pour diversifier son patrimoine et se protéger de l’inflation ou des tensions géopolitiques. Cependant, si le risque principal devient une pénurie ou des difficultés d’approvisionnement en ressources de base, l’or montre ses limites. Il devient alors judicieux de compléter son épargne par une exposition plus large à d’autres « actifs réels ».
Evolution des avoirs en or en glissement annuel (%)
Source : Bloomberg, HSBC AM, à fin 2026.
Cadre juridique, règles fiscales, « triangle de sécurité », impact de la loi Sapin 2, la souscription d’un contrat d’assurance-vie luxembourgeois pour un résident fiscal de France peut paraître absconse pour un public non averti. Rentrons dans le cœur de la mécanique assurantielle pour en comprendre les avantages.
Les règles fiscales
La souscription d’un contrat d’assurance-vie auprès d’une compagnie du Grand-Duché est régie par la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015, sous le contrôle du Commissariat aux assurances (CAA). Toutefois, la fiscalité applicable reste exclusivement celle du domicile fiscal du souscripteur. Pour un résident fiscal de France, ce sont donc les dispositions du Code général des Impôts (CGI) qui s’appliquent. La localisation de l’assureur au Luxembourg est donc transparente pour le souscripteur.
Lors d’un rachat fait par le souscripteur ou au décès de celui-ci, seule la fiscalité française va s’appliquer. Aucune retenue à la source luxembourgeoise ne sera effectuée.
S’agissant de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), tout comme les contrats d’assurance-vie français, la quote-part de valeur des unités de compte représentative d’actifs imposables (art. 972 CGI) est incluse dans l'assiette IFI sous conditions.
La seule différence d’un point de vue fiscal est l’obligation de déclarer annuellement les comptes bancaires, les contrats d’assurance-vie et les contrats de capitalisation détenus à l’étranger, via le formulaire 3916. Attention, une omission peut coûter cher. L’amende est de 1 500 € par compte ou contrat non déclaré et par année.
Le cadre juridique du Luxembourg
Le cadre juridique l’assurance-vie luxembourgeoise offre les avantages les plus pertinents : l’application du droit luxembourgeois va permettre de mettre en place deux mécanismes inédits en France : le super-privilège et le « triangle de sécurité ».
Le premier mécanisme de protection des capitaux consacre un super-privilège au profit des souscripteurs et des bénéficiaires. En cas d’insolvabilité ou de liquidation judiciaire d’une compagnie d’assurances, les souscripteurs, ou bénéficiaires le cas échéant, sont créanciers de premier rang absolu, donc prioritaires sur l’ensemble des autres créanciers, y compris les créanciers fiscaux et sociaux. Aucun équivalent en droit français où les créances fiscales ou sociales priment toujours !
Le second mécanisme repose sur la ségrégation des actifs. Le triangle de sécurité est formé par les trois acteurs au cœur de la relation : la compagnie d’assurance-vie, titulaire du contrat et responsable de la gestion financière, la banque dépositaire agréée par le CAA qui conserve des actifs représentatifs, distincte juridiquement de l’assureur, et le Commissariat aux assurances, l’autorité de contrôle qui supervise la convention de dépôt tripartite. Cette structure garantit que les actifs représentatifs ne peuvent être saisis ou mobilisés par des créanciers tiers de l'assureur, ce qui protège le souscripteur même en cas de faillite de la compagnie.
Loi Sapin 2
Si les contrats d’assurance-vie luxembourgeois dépendent du droit du Grand-Duché, on peut se poser la question s’agissant de l’impact de certaines dispositions de droit français sur ces contrats. C’est notamment le cas sur le champ d’application de la loi Sapin 2.
Rappelons l’économie de cette mesure : institué par la loi du 9 décembre 2016, ce dispositif introduit un mécanisme macroprudentiel permettant au Haut Conseil pour la Stabilité Financière (HCSF) de restreindre temporairement les opérations sur les contrats d’assurance-vie ou de capitalisation. L’application des restrictions permises par l’article 21 bis de la loi Sapin 2 est très limitée, pour une période de trois mois, renouvelable une seule fois. Elle ne peut être activée qu’en présence de risques représentant une menace grave et caractérisée pour la situation financière de l'ensemble ou d'un sous-ensemble d'assureurs ou pour la stabilité du système financier, autrement dit, lorsqu'un risque systémique se présentera.
Les mesures de restrictions dont dispose le HCSF sont graduelles selon les opérations qu'il entend restreindre. Elles peuvent porter sur :
- La suspension ou plafonnement des demandes de rachat sur le fonds en euros. C'est l'opération la plus susceptible d'être visée en cas de risque systémique sur les fonds en euros.
- Les rachats partiels et totaux.
- La restriction des arbitrages consistant à transférer des encours du fonds en euros vers des unités de compte, ou inversement.
- La limitation ou suspension des demandes d'avances, qui constituent une forme de liquidité alternative au rachat.
- La restriction possible des versements supplémentaires sur le fonds euro (pour limiter les flux entrants en période de stress).
Le fonds en euros est au cœur du dispositif Sapin 2. La logique macroprudentielle du législateur est la suivante : en cas de remontée brutale des taux d'intérêt, les assureurs pourraient être contraints de vendre des obligations à perte pour honorer les demandes de rachat massives. La mesure vise à prévenir un phénomène de contagion systémique.
Cette loi s'inscrit alors dans un contexte de taux bas et d’une crainte d’une remontée brutale des taux qui aurait amené les souscripteurs à arbitrer massivement des fonds en euros vers les unités de compte de leur contrat, voire simplement par des rachats. Le contexte économique d’aujourd’hui est bien différent de celui de 2016.
Pour les contrats luxembourgeois, deux dimensions doivent être distinguées :
- Dimension 1 — La mesure Sapin 2 et la liquidité contractuelle
Un blocage émis par le HCSF suspend la faculté contractuelle de rachat ou d'arbitrage. Le souscripteur ne peut pas demander le versement de son épargne pendant la durée de la mesure. Cette suspension vaut pour tous les contrats entrant dans le champ d'application. Les contrats luxembourgeois qui sont distribués en France en libre prestation de service (LPS) sont donc susceptibles de rentrer dans le champ d’application de cette mesure. Il convient aussi de noter que la quasi-totalité des compagnies luxembourgeoises ont des fonds en euros qui bénéficient d’une réassurance auprès de l’actif général français. Cette situation peut naturellement amener à s’interroger sur l’applicabilité d’une loi française sur ces compagnies. Or la contre-valeur des engagements des compagnies luxembourgeoises est déposée au Luxembourg conformément à la demande du Commissariat aux Assurances (régulateur luxembourgeois). Celui-ci estime qu’une loi française ne peut donc pas s’appliquer à une compagnie luxembourgeoise. La mise en place de mesures de restriction demandées par le HCSF ne pourrait l’être que par la volonté d’une compagnie française qui demanderait à sa filiale luxembourgeoise son application.
- Dimension 2 — Ce que Sapin 2 ne remet PAS en cause
La mesure Sapin 2 est une mesure de police administrative contractuelle : elle agit sur la relation contractuelle entre l'assureur et le souscripteur. Les actifs restent la propriété de l'assureur, ségrégués sur les comptes de la banque dépositaire luxembourgeoise. En cas de faillite de l'assureur, le souscripteur demeure créancier prioritaire du fait de son super-privilège. Le CAA conserve ses prérogatives propres indépendamment d'une décision HCSF. La valeur de rachat du contrat continue d'évoluer (positivement ou négativement selon les marchés) pendant la période de gel.
En conclusion, la loi Sapin 2 gèle la liquidité contractuelle, pas la propriété ni la valeur des actifs. Le souscripteur conserve tous ses droits ; il ne peut simplement pas les exercer pendant la période de restriction. L’applicabilité de cette loi sur les contrats luxembourgeois ne devrait pouvoir couvrir que les demandes d’arbitrages ou de rachat des fonds en euros qui sont réassurés sur un actif général français.
Dans un environnement en constante évolution, les entrepreneurs, les familles internationales et les nouvelles générations de clients font face à des enjeux patrimoniaux de plus en plus complexes.
Dans cette vidéo, Mai Trinh, Head of HSBC Private Bank France et Market Head France, et Diane Alexane, Head of Front UHNW, partagent leur vision de la banque privée et expliquent comment HSBC accompagne ses clients avec une approche globale, internationale et sur mesure.
Malgré un environnement marqué par les incertitudes géopolitiques et un changement de ton de la Réserve fédérale américaine, notre scénario central reste constructif. La solidité de l’économie américaine, la progression des bénéfices des entreprises et la diffusion de l’intelligence artificielle continuent de soutenir les marchés actions, tandis qu’un dollar plus fort redessine les opportunités sur les devises et les marchés obligataires.
Le principal changement de ce mois-ci est notre passage à une vision positive sur le dollar américain. Le ton plus ferme adopté par la Réserve fédérale dans sa lutte contre l’inflation, combiné à la résilience de l’économie américaine et à l’attrait des actifs américains, renforce les perspectives de la devise. En conséquence, nous révisons notre opinion sur l’euro et la livre sterling à baissière, tout en revenant à une position neutre sur plusieurs devises asiatiques, dont le renminbi chinois.
Cette évolution ne remet toutefois pas en cause notre conviction sur les marchés actions. Si les valorisations de certaines sociétés liées à l’intelligence artificielle restent exigeantes et que les prochaines grandes introductions en bourse pourraient provoquer des épisodes de volatilité, nous estimons que ces mouvements constitueraient davantage des opportunités d’investissement que le début d’une correction durable. Les bénéfices des entreprises continuent de progresser à un rythme solide, et cette dynamique s’étend désormais au-delà des seules valeurs technologiques, notamment vers les secteurs de l’énergie, des matériaux et de l’industrie.
Nous maintenons ainsi notre surpondération des actions américaines, portées par de robustes perspectives de croissance bénéficiaire, les investissements dans les infrastructures liées à l’IA, les centres de données et la réindustrialisation. En Asie, nous restons positifs sur les marchés bénéficiant directement de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, notamment la Corée du Sud, Hong Kong et les actions domestiques chinoises (A-shares), tout en conservant une approche plus prudente sur l’Inde et l’Indonésie, plus sensibles à un dollar fort et à la hausse des coûts des matières premières. En Europe, les valorisations demeurent attractives, mais le contexte économique reste plus fragile malgré les espoirs d’apaisement au Moyen-Orient.
Sur les marchés obligataires, nous privilégions toujours les obligations Investment Grade de qualité, dont les rendements restent attractifs. En revanche, le renforcement du dollar réduit le potentiel des obligations émergentes libellées en devises locales ; nous revenons donc à une position neutre sur cette classe d’actifs, tout comme sur le High Yield mondial.
HSBC reste constructif sur l’or à moyen terme (risques fiscaux et géopolitiques, soutien des banques centrales), mais révise à la baisse les prévisions 2026–2027 car la dynamique court terme est dominée par un biais plus restrictif de la Fed et un USD plus ferme, qui limitent les rallies.
En résumé, nous restons confiants pour le second semestre 2026. Dans un contexte où la volatilité pourrait ponctuellement réapparaître, nous privilégions une allocation diversifiée, centrée sur les entreprises capables de générer une croissance durable de leurs bénéfices, tout en conservant des actifs de qualité afin de renforcer la résilience des portefeuilles.
Après un début d’année chahuté par la montée des risques géopolitiques et le retour des interrogations sur l’inflation, les marchés actions ont pourtant retrouvé une trajectoire plus lisible. La solidité des fondamentaux, et surtout la visibilité apportée par des bénéfices robustes, a progressivement repris le dessus. Aux États-Unis, cela s’est traduit par un rebond marqué après l’épisode de volatilité du printemps : entre le point bas du 30 mars et le 9 juin, le S&P 500 a progressé de +16,4 % et le Dow Jones de +12,5 %.
Le leadership est d’abord revenu aux segments les plus sensibles à la croissance. La Technologie du S&P 500 s’inscrit en hausse de +33,7 %, tandis que le Nasdaq gagne +23,5 % et le S&P 500 Growth +23,8 % (avec le « Mag-7 » à +19,0 % sur la période). Point important pour juger la qualité du mouvement : la hausse ne s’est pas limitée à quelques très grandes capitalisations. La participation s’est nettement élargie, avec les « Forgotten 493 » en hausse de +14,9 % depuis le 30 mars, tandis que le S&P 500 Value progresse de +8,7 %. Autrement dit, la reprise combine rotation vers la croissance et amélioration de la largeur de marché — un profil généralement plus robuste qu’un rebond porté par un nombre réduit de titres.
Le soutien reste principalement double : la dynamique bénéficiaire et le cycle d’investissement technologique, en particulier autour de l’intelligence artificielle. Les révisions continuent d’aller dans le bon sens. Selon FactSet (au 5 juin), la croissance des bénéfices attendue pour le T2 2026 ressort à +21,7 % sur un an (contre +18,7 % au 31 mars), tandis que la croissance des revenus est désormais anticipée à +12,0 % (contre +9,4 %). Sur l’ensemble de 2026, les analystes visent une progression des bénéfices du S&P 500 de +22,8 %.
Au-delà de la seule technologie, l’amélioration des résultats tend à se diffuser. L’Énergie est attendue en tête avec +65,9 % de croissance des bénéfices en 2026, suivie par la Technologie (+44,1 %) et les Matériaux (+39,4 %). Cette combinaison — révisions positives et diffusion sectorielle plus large — renforce la qualité du rallye, même si des rotations à court terme restent possibles.
L’IA, surtout, se traduit par des investissements tangibles plutôt que par un simple narratif. Les dépenses de construction de data centres aux États-Unis ont fortement accéléré, passant d’environ 10 Md$ par mois en 2022 à près de 50 Md$ par mois aujourd’hui. Parallèlement, les plans de capex des grands acteurs technologiques approchent 800 Md$ sur les 12 prochains mois. Ce cycle irrigue une large chaîne de valeur : semi-conducteurs, équipements électriques, ingénierie, industriels, utilities et infrastructures énergétiques. Il s’inscrit aussi dans une tendance de fond de réindustrialisation et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, favorable à l’investissement productif et, in fine, aux bénéfices.
Autre élément notable : les valorisations de la technologie se sont normalisées. Début 2026, le S&P 500 se traitait autour de 26x les bénéfices futurs et la Technologie autour de 36x ; au point bas, le S&P revenait vers 22x et la Tech vers 27x. Cette « remise à plat » a sensiblement réduit la prime de valorisation du secteur, alors même que ses perspectives de croissance bénéficiaire restent nettement supérieures au marché (+44,1 % attendus en 2026). Dans ce contexte, une poursuite de l’expansion des multiples demeure possible si la trajectoire des bénéfices se confirme.
À court terme, un facteur technique pourrait toutefois accroître la volatilité : la perspective d’introductions en bourse de grande taille dans l’univers technologique et de l’IA, notamment avec l’IPO de SpaceX, ainsi que de potentielles opérations autour d’OpenAI et d’Anthropic. À certaines valorisations, ces nouveaux entrants pourraient représenter 6–7 % de la capitalisation du S&P 500. De tels événements peuvent déclencher des ajustements d’allocations et des rotations sectorielles, sans nécessairement remettre en cause la tendance de fond.
En Asie, la dynamique récente s’explique également par l’écosystème technologique. La Corée du Sud, Taïwan et le Japon ont bénéficié de leur rôle central dans la chaîne d’approvisionnement de l’IA et de l’accélération des investissements dans les data centres. Si l’environnement énergétique se détend et que le contexte géopolitique se stabilise, la performance observée sur le hardware pourrait progressivement s’étendre davantage aux plateformes internet et à la consommation, avec un potentiel de rattrapage en Chine et un soutien pour Hong Kong via une amélioration du sentiment autour de l’immobilier et des financières. Le Japon reste bien orienté sur la thématique technologique, même si les niveaux de valorisation invitent à la sélectivité.
En synthèse, notre scénario central demeure constructif : l’économie américaine reste résiliente, l’investissement dans l’IA est en phase d’expansion et le cycle de bénéfices continue de surprendre positivement. Les risques ne disparaissent pas — inflation, prix de l’énergie, trajectoire des taux longs, incertitudes géopolitiques — mais, à ce stade, les éléments disponibles plaident davantage pour la poursuite d’un marché soutenu par les fondamentaux que pour un retournement. Dans cet environnement, discipline d’allocation, diversification et recherche de visibilité bénéficiaire restent les meilleurs alliés d’une performance durable.
Interview avec Zineb Ahmed
Head of Structured Products
Diplômée de l’Université Paris Dauphine, Zineb débute sa carrière en banque d’investissement au sein des équipes de vente produits structurés couvrant les banques privées, brokers et conseillers en gestion de patrimoine chez BNP Paribas et Société Générale. Zineb rejoint HSBC Private Bank en 2020 comme spécialiste produits structurés et œuvre, avec l’équipe, à la structuration et l’animation de l’offre produits structurés au sein de la banque privée. Celle-ci travaille en architecture ouverte auprès de 12 partenaires bancaires, avec en moyenne 250 à 300 émissions par an et plus de 900M de produits structurés sous gestion. Fin 2025, Zineb reprend la direction de l’équipe produits structurés.
Dans un contexte où la volatilité pourrait réapparaître au cours des prochains mois, les produits structurés restent une solution souvent utilisée en banque privée pour rechercher de la performance tout en encadrant le risque. Zineb Ahmed nous explique, simplement, comment ils fonctionnent et comment les utiliser efficacement.
Qu’est-ce qu’un produit structuré ?
Un produit structuré est un titre de créance émis par une banque. Il combine en général deux briques : une partie obligataire (souvent un zéro coupon) et une partie optionnelle, qui sert de moteur de performance. Le rendement potentiel dépend de scénarios de marché définis à l’avance.
Que décide-t-on au moment de la structuration ?
On construit un couple rendement/risque adapté au besoin du client : durée maximale, modalités de remboursement, conditions de versement des coupons, niveau de protection du capital et objectif de rendement. Tout est fixé en amont, ce qui donne un cadre clair.
Quels paramètres influencent les conditions ?
Les taux, les dividendes, la volatilité, la liquidité du sous-jacent, la solvabilité de l’émetteur, ainsi que le contexte macro et géopolitique. Par exemple, une baisse des taux réduit le rendement de la partie obligataire, ce qui peut pénaliser les structures à capital garanti au lancement. En revanche, des produits déjà en portefeuille peuvent mieux se valoriser sur le marché secondaire quand les taux baissent.
Et la volatilité ?
Elle est centrale. Quand elle monte, la valeur des options peut augmenter, ce qui peut améliorer les conditions à l’émission. Dans beaucoup de cas, le client est « vendeur » de volatilité, ce qui peut contribuer au coupon. À l’inverse, une forte volatilité peut peser sur la valorisation en cours de vie, car l’incertitude augmente sur la réalisation des scénarios.
Quelle place dans un portefeuille ? Quels sous-jacents ?
Les produits structurés sont un outil de diversification. Selon le profil, on observe souvent une allocation indicative entre 10 % et 30 %. On peut structurer sur des indices actions (CAC40, Euro Stoxx 50, S&P 500), des indices thématiques, mais aussi sur des obligations, des matières premières ou des fonds, pour des objectifs plutôt « rendement » ou plus directionnels.
Comment utiliser efficacement les produits structurés ?
Deux options : en gestion conseillée, votre conseiller vous accompagne dans le choix et le suivi ; ou via notre mandat de gestion discrétionnaire, où nos équipes construisent et pilotent un portefeuille diversifié d’environ 10 notes sur indices, avec diversification par maturités, niveaux de barrières et émetteurs. Le mandat investit principalement en structures auto-callables, sélectionnées selon des paramètres clés (protection, maturité, sous-jacents, coupons). Depuis 2011, HSBC a émis environ 1 700 produits structurés indexés avec un historique de remboursements automatiques sans franchissement des barrières de capital sur ces émissions (les performances passées ne préjugent pas des performances futures).
Rappel important : la valeur peut fluctuer en cours de vie, et l’investisseur reste exposé au risque de défaut de l’émetteur, qu’il y ait capital garanti ou non.